Le cycle littéraire de la légende arthurienne est le plus connu des cycles de la matière de Bretagne. Il doit son succès à son statut de double récit, approché par de très nombreux auteurs depuis le XIIe siècle. D'un côté Camelot, utopie chevaleresque, défaite par les conflits entre Arthur, Lancelot et Mordred, entre autres. De l'autre la fabuleuse quête du Graal, entreprise par de nombreux chevaliers, dans laquelle beaucoup échouent (comme Lancelot) et de rares élus réussissent (son fils Galaad, notamment aidé de Perceval). Le cycle arthurien est, depuis quelques siècles, centré sur des thèmes chrétiens, tels que le péché, illustré par les actes des héros tour à tour vertueux ou malins, ou la quête de l'absolu, symbolisé par la relique suprême, le Saint Graal. Les relations amoureuses, telles que celle de Lancelot et Guenièvre, ou de Tristan et Iseult sont les prémices de l'Amour courtois.
Combat d’Hector de Mares et de Marganor, manuscrit du XVème siècle relatant Lancelot du Lac et les romans de la Table ronde.
Bibliothèque nationale de France, Bibliothèque de l'Arsenal
Cote : Arsenal 3479
Folio : 530
Légende : combat d'Hector de Mares & de Marganor
Date : vers 1405 (XVe siècle).
Titre : Lancelot du lac
Artistes : Maitres de la cité des dames (atelier)
La légende arthurienne ou cycle arthurien est un ensemble de textes écrits au Moyen-Age autour du roi Arthur de son entourage et de la quête du Saint Graal. Il n'existe pas une légende arthurienne, mais des légendes arthuriennes. Cela est dû aux nombreux auteurs qui ont assemblé ces traditions au cours des siècles, depuis les premiers moines collecteurs jusqu'aux écrivains qui l'ont enrichie, comme Chrétien de Troyes ou plus récemment Xavier de Langlais. Ainsi le nom des personnages et les circonstances de leur vie (jeunesse, hauts faits, mort) varient d'une époque à l'autre, d'un pays à l'autre. Il existe cependant une unité de lieu : le royaume mythique de Bretagne, qui recouvre les territoires du centre, du sud et de l'ouest de la Grande-Bretagne actuelle ainsi qu'une partie non définie de la Bretagne continentale, et une unité de temps: la fin du Ve siècle et le début du VIe siècle quand les Romains viennent de quitter l'Île de Bretagne, période des grandes invasions qui précédèrent et suivirent la chute de l'Empire Romain d'occident. Il ne s'agit donc pas à l'origine de personnages médiévaux, même si leur popularité en France a été portée par des écrivains du Moyen-Age.
Livre de la chasse de Gaston Phébus (Paris, Bibl. Mazarine, ms. 3717)
Le manuscrit du couple Jean Pot - Georgette Balzac
Datable du premier tiers du XVe siècle pour sa composition, ce très beau manuscrit a été acquis au XVIe siècle par Jean Pot, seigneur de Rhodes (descendant de Renier Pot, chevalier de la Toison d’or, chambellan des ducs de Bourgogne et de Philippe Pot dont le tombeau est conservé au Louvre). Il a fait apposer ses armes à plusieurs reprises au cours du manuscrit, dans des espaces laissés libres par le texte.
Le livre de chasse de Gaston Phébus -
Vers 1405-1410 - Paris BNF, Ms français 616.
La chasse a de tout temps été considérée comme l'activité correspondant au statut de la noblesse. C'est pourquoi elle est souvent décrite pendant le haut Moyen Age dans des traités scientifiques et dans un grand nombre d'illustrations.L'auteur de ce livre de chasse n'est autre que le célèbre Gaston Phébus (1331 - 1390), comte de Foix et vicomte de Béarn, qui s'appuie sur ses propres expériences de chasseur. Ont participé aux enluminures de ce manuscrit au moins trois artistes ou ateliers, qui travaillaient dans un style annonçant celui des Heures de Bedford.
Splendor Solis - miniature réalisée sur parchemin (chèvre) Pigments. Commande réalisée pour collection à New York (USA)
Vienne - Osterreichische Nationalbibliothek
Peu avant 1400
Le Tacuinum sanitatis (guide de santé) remonte à un traité arabe du XIe siècle, qui fut traduit au XIIIe siècle pour Manfred de Hohenstaufen, et qui fut developpé au XIVe siècle au nord de l'Italie en un livre illustré que l'on comprenait comme un manuel de médecine domestique. Le propos en était de décrire l'influence que l'environnement humain pouvait exercer sur les différents tempéraments.
Les enluminures du Tacuinum sanitatis revêtent un intérêt culturel et historique majeur dans la mesure où l'on apprend sur le milieu distingué des cours, elles donnent un aperçu édifiant de la vie quotidienne en Europe à l'époque de transition entre la fin du Moyen Age et le début de la Renaissance...
L'Epître d'Othéa à Hector - 1410 - 1412
British Library ( Harley Ms 4431)
Née à Venise en 1365, Christine de Pisan fut amenée en France par son père, qui avait trouvé un emploi comme astrologue à la cour. Elle fut donnée en mariage à l'âge de 15 ans. Son mari meurt en 1389 l'a laissant seule avec 3 enfants, à l'âge de 24 ans : elle ne choisit pas le chemin habituel des veuves qui était celui du couvent. Elle voulait assumer seule et fière l'existence de ses enfants. Elle était qualifiée de femme "masculine" par des contemporains sceptiques et comme une sorte de "féministe". C'est ainsi qu'elle devint écrivain et l'une des plus célèbres de son époque, appréciée dans les cercles de la plus haute société.L'image qu'elle laissa fut celle d'une ardente défenseuse de l'honneur et des droits de la femme.
Splendor Solis - XVIe siècle
Le Splendor Solis ("la splendeur du soleil") est un traité alchimique manuscrit du XVIe en allemand, célèbre par sa série d'illustrations en couleur. Le plus ancien manuscrit date de 1532-1535 et se trouve au Kupferstichkabinett du Staatliche Museen zu Berlin. Des copies plus tardives (il en existe une vingtaine) se trouvent à Londres (British Library MS Harley 3469 daté de 1582), Paris (Bibliothèque nationale MS. allem. 113. XVIe), Berlin[1], Cassel et Nuremberg.
Le texte est un florilège d'auteurs plus anciens. Les illustrations reprennent les motifs des enluminures du Donum deum de la fin du XVe de l'alchimiste strasbourgeois Georges Aurach, dans lequel toutes les figures sont représentées à l'intérieur de vases.
La première édition imprimée se trouve dans le troisième traité d'un recueil alchimique l' Aureum vellus de 1599, attribué au légendaire Salomon Trismosin, présenté comme le maître de Paracelse. l'Aureum vellus réédité de nombreuses fois sous différentes formes (en français sous le titre La toyson d'or ou la fleur des thrésors (1612), fit largement connaître et commenter le Splendor Solis, qui fut dès lors associé systématiquement au nom de Salomon Trismosin.